Ce jeudi 12 février, les agents de la Protection maternelle et infantile (PMI) de Mtsangamouji ont décidé d’exercer leur droit de retrait. En cause : des conditions de travail qu’ils estiment incompatibles avec l’accueil du public et la continuité des soins, notamment en raison de coupures d’eau répétées et de locaux dégradés.
Le site, propriété du Département et conventionné avec le Centre Hospitalier de Mayotte, abrite également un dispensaire, un centre médico-psychologique ainsi qu’un cabinet de sages-femmes libérales. Malgré le statut prioritaire des établissements de santé, les agents dénoncent des interruptions fréquentes d’approvisionnement en eau. Une situation problématique dans une structure où l’hygiène est au cœur des missions : vaccinations, suivi des nourrissons, consultations prénatales ou encore accompagnement des jeunes mères.
Du côté des usagers, l’incompréhension grandit. Certains témoignent de déplacements matinaux pour des rendez-vous, parfois sans possibilité d’accéder aux sanitaires faute d’eau. Pour les professionnels, assurer des soins sans eau potable met en difficulté aussi bien le personnel que les patients.
Au-delà de la question de l’eau, les agents pointent la vétusté des locaux et l’absence d’aménagement adapté pour l’accueil du public. Les consultations s’effectueraient en partie sur une terrasse, exposant familles et soignants à la chaleur et aux intempéries. Une situation qui durerait depuis plusieurs années et qui, selon les représentants syndicaux, n’est plus tenable.
Le syndicat Solidaires a annoncé soutenir ce mouvement et réclame des mesures urgentes : rétablissement durable de l’accès à l’eau, amélioration des conditions d’accueil et réunion des instances compétentes en matière de santé et sécurité au travail. Les agents demandent également que des solutions concrètes soient apportées pour réhabiliter le site.
Interpellé, le Département évoque de son côté des travaux engagés à la suite des dégâts causés par le cyclone et assure que des interventions sont en cours. Reste à savoir si ces actions permettront de répondre rapidement aux attentes du personnel et des familles.
Après d’autres tensions signalées dans le nord de l’île, cette mobilisation à Mtsangamouji met une nouvelle fois en lumière les fragilités des infrastructures de santé à Mayotte, où la pression démographique et les contraintes matérielles pèsent lourdement sur les services de proximité.
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