À quelques semaines des élections municipales prévues à la mi-mars, les échanges se tendent à M'tsangamouji. Lors du débat “Kalaoidala – Spécial Municipales 2026 diffusé sur Mayotte la 1ère, les trois candidats en lice ont confronté leurs visions pour l’avenir de la commune. Gestion du cyclone Chido, scolarisation des enfants, crise de l’eau et infrastructures sportives ont dominé les discussions.
Un cyclone encore dans toutes les mémoires
Le passage du cyclone Chido a laissé des traces importantes dans la commune. Le maire sortant, Saïd Maarifa Ibrahima, a rappelé que les dégâts ont été estimés entre 6 et 7 millions d’euros, touchant notamment les écoles, les services techniques et les équipements sportifs. Selon lui, les subventions ont été reçues récemment et les travaux devraient démarrer prochainement.
En face, Kayssani Boina, colistier de Ousmane Ahamada Siaka, a dénoncé une gestion insuffisante et un manque d’anticipation. Il estime que, malgré les annonces, les chantiers tardent à se concrétiser. Même constat pour Allaoui Zoubert, qui souligne que certaines infrastructures scolaires étaient déjà fragilisées avant le cyclone.
Écoles : le point de tension majeur
La question de la scolarisation a cristallisé les divergences. À Mtsangamouji, plusieurs dizaines d’enfants seraient en attente d’inscription faute de places disponibles.
Le maire affirme que les classes sont déjà surchargées, avec parfois plus de 30 élèves par salle. Il explique que la commune ne peut inscrire davantage d’enfants sans nouvelles infrastructures et rappelle que la rotation scolaire n’a pas été validée par le rectorat.
Ses opposants dénoncent, eux, un manque de vision et d’anticipation face à la croissance démographique. Ils évoquent également un durcissement des conditions d’inscription et alertent sur les risques sociaux d’une jeunesse non scolarisée. « Un enfant qui n’est pas à l’école est une bombe à retardement », a résumé l’un des candidats.
Tous s’accordent néanmoins sur un point : la nécessité urgente de construire de nouvelles salles de classe.
L’eau : solidarité ou injustice ?
Autre sujet sensible : la gestion de l’eau. Bien que la commune dispose d’un bassin alimenté par rivière, les habitants subissent les coupures d’eau au nom de la solidarité départementale.
Pour l’opposition, cette situation est incompréhensible. Ils estiment que M'tsangamouji, en situation d’autosuffisance relative, devrait bénéficier soit d’un approvisionnement continu, soit d’un avantage tarifaire.
Saïd Maarifa Ibrahima défend une approche solidaire : selon lui, dans un contexte de crise généralisée à Mayotte, il est normal que chaque commune participe à l’effort collectif. Il appelle surtout à accélérer la finalisation des grands ouvrages structurants pour résoudre durablement la pénurie.
Infrastructures : le stade au centre des critiques
La rénovation du stade de M'tsangamouji a également suscité des échanges vifs. L’opposition critique un choix d’implantation sur une zone jugée inadaptée, évoquant des problèmes d’écoulement des eaux et un manque de concertation avec les associations sportives.
Le maire assure que toutes les études techniques et environnementales ont été réalisées et validées, et que le projet s’inscrit dans une réflexion engagée depuis plusieurs années.
Des priorités affichées
En conclusion, chaque candidat a présenté ses priorités :
Saïd Maanrifa Ibrahima mise sur la continuité des projets engagés et la poursuite des investissements structurants.
Alaoui Zoubert promet une accélération de la régularisation foncière, un plan école modernisé et un soutien au développement économique local.
Kayssane Boina place l’éducation et la jeunesse au cœur de son programme, avec un accent particulier sur l’accompagnement des quartiers et l’accès des entreprises locales aux marchés publics.
Ce débat a mis en lumière des visions contrastées pour l’avenir de M'tsangamouji. Entre continuité assumée et volonté de rupture, les électeurs devront trancher dans les urnes mi-mars.
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